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Réaumur-Sébastopol

de

Réaumur-Sébastopol est un OVNI. Entre le mini-récit et le carnet de croquis, Simon H. y détaille un trajet en métro, ses rencontres, ses discussions esquissées, ses affiches entrevues. Ce parcours est libre, sans case ni cadre, sans même de véritable pages (Réaumur-Sébastopol est une immense feuille pliée et collée à ses extrémités, qui se déploie en accordéon).

Plein de traits de constructions, d’esquisses, de gribouillis et de ratures, le récit est comme prélevé sur une vie plus vaste (parfois, on devine en bord de page la liste de course ou les traces de gomme des autres croquis, effacés). On y entre par où l’on veut, vaguement rebuté par le lettrage manuel très cursif, et par l’absence de sens de lecture.

Et puis on se laisse séduire, finalement, par cette construction aussi aléatoire que le métro lui-même, et on ressort de là en se disant que la bande dessinée n’a pas fini d’explorer toutes les manières de raconter une histoire.

Chroniqué par en juin 1999

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