du9 a vingt ans

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Sur la liste des sites consacrés à la bande dessinée parmi les plus visités en France, établies par Gilles Ratier dans son rapport annuel, seul deux se terminent par « .org » : celui de la Cité de la Bande Dessinée et de l’Image sise à Angoulême, et du9.
Certains diront que cela rapproche ce dernier d’une institution. Du certaines manière ils auront raison tant le « .org » tend à signifier pour certains une sorte de neutralité institutionnelle voire un académisme, plutôt qu’un domaine pour organisation à but non lucratif. Reste que pour nous cette terminaison souligne certainement bien plus qu’autre chose la date d’émergence de du9 au siècle dernier, dans une toile encore décrite alors par des expressions comme « autoroute de l’information », où son accès nécessitait un bras en fournisseur et en communications téléphoniques pour qu’un octroi de glissades soit enfin accordé, après, bien entendu, qu’un modem ait fini de crachoter sa complainte routinière, aussi hasardeuse que laborieuse.

Le choix du « .org » s’est fait de manière naturelle, dans une double logique sous-jacente : D’abord celle d’un Internet se découvrant idéalement comme un commun, moins par le fait de sa simple nouveauté technique que ses immenses possibilités d’accès, de partage et de connaissance. Ensuite celle du prolongement d’un nom, du9, s’affirmant aussi dans sa polysémie comme ayant une origine. Venir d’une culture en neuvième chose pour la prolonger de ce domaine fut une chance, un moyen d’affirmer encore l’origine et l’originalité qui nous motivaient, de poursuivre le parcours. D’autant que  les possibles généreux de l’Internet semblaient déjà voués aux marges, ces périphéries d’expériences et de situations qui, justement, en matière de bande dessinée faisaient la qualité exploratoire et inédite qui nous aiguillait.
En cela ce point org choisi plus ou moins consciemment est devenu un véritable point d’orgue prolongeant l’écoute attentive d’une note perçue commune à deux médias par les notions d’amateur, de partage et de liberté.

Et sinon, toujours aussi neuf ? Oui, osons modestement le penser, même si l’on est désormais forcément ce chien en glissant sur ce rets de « .com » tissé de codes fermés et d’applications rentières.

Dossier de en juillet 2017