Vues Éphémères – Décembre 2016

de

Routine : début décembre, conférence de presse du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême. Passage obligé, avec réflexions et commentaires, portant généralement sur deux points : le programme, et la sélection officielle. Éventuellement, évoquer la communication et le discours qui entourent tout cela, comme révélateurs d’une certaine évolution de la manifestation. Dont acte.

Changement : exit les discours des partenaires et institutionnels (pour la plupart), on se recentre sur l’essentiel. Après l’hommage à Gotlib, on évoque le retour du Prix Goscinny
Pleins feux sur les expositions (Hermann – Eisner – Valérian en trio gagnant), contrastant avec la mention discrète des rencontres (en gros, il y en aura) ou l’évocation rapide des différents espaces du Festival à peine esquissés. Le regard tourné, peut-être, du côté de l’Amérique du Nord (et le succès du Comic Con de San Diego), avec une large place consacrée au Septième Art et aux séries TV, Valérian en tête. Résultat, un partenaire chasse l’autre — il ne saurait y avoir qu’une banque, ce sera donc BNP Paribas au détriment de la Caisse d’Epargne.

Contraste : deux auteurs présents sur scène pour appâter l’auditoire. Hermann au franc parler d’une part, n’hésitant pas à se plaindre qu’il y a trop de visiteurs au Festival ; et Mézières venant souligner tout le bien qu’il pense de l’adaptation de son œuvre, accompagné de deux intervenantes au discours de promotion bien huilé.

Contraste (2) : le discours très solennel de Delphine Groux, nouvelle présidente de l’Association du Festival, venue réaffirmer la réconciliation. Franck Bondoux est resté dans la salle, une page se tourne ?

Sélection : comme toujours, finalement le seul sujet qui reviendra sur toutes les lèvres, un peu plus tard autour des petits fours. Et comme toujours, scrutée pour en évaluer l’équilibre (plutôt « indé », ou plutôt « mainstream » ?) ou pour en relever absents ou compromis. Mais, à moins de se lancer une fois de plus dans un exercice de comptabilité qui montre rapidement ses limites[1], comment juger ? Sur les 66 titres cités, j’en ai acheté 22 et lu tout juste 18…

Résolution : ne rien dire, et considérer cette liste comme une suggestion de découvertes à faire, sans autre obligation que de se laisser porter là où la curiosité nous mène. L’année a été longue, et la fin janvier arrivera bien assez vite. D’ici là, autant profiter du temps…

Notes

  1. Pour ceux qui, friands de chiffres, venaient ici pour se repaître, voici quelques éléments de réflexion initiaux, rapidement écartés devant l’inanité de la tâche (aigreur ou lassitude, je laisse chacun juge). Revenons donc, pour la forme, sur cette fameuse liste…
    … une liste d’élus qui voit en quelque sorte le couronnement de Média Participations (avec pas moins de 16 titres répartis sur l’ensemble des quatre sélections), et la fin de l’état de grâce de Gallimard (avec seulement 4 titres, soit son plus mauvais score depuis 2013 et le resserrement de la liste autour de 60 titres).
    … une liste d’élus qui, bon an mal an, accorde néanmoins la même place aux productions des quatre principaux grands groupes (Média Participations, Delcourt, Glénat, et Gallimard). Ainsi, pour l’édition 2017, ils comptent 16 nominés en sélection officielle (contre une moyenne de 16,75 sur 2013-2016), 5 en jeunesse (moyenne sur 2013-2016 : 6), 3 en patrimoine (moyenne sur 2013-2016 : 2,5), 3 en polar (moyenne sur 2013-2016 : 3,25), pour un total de 27 nominés (contre une moyenne de 28,5 sur 2013-2016).
    … une liste d’élus qui accouchera probablement d’un palmarès « équilibré », partageant rigoureusement les 8 prix décernés moitié pour les « grands » précités (4 prix chaque année sur 2013-2016, si l’on me permet d’accrocher le prix obtenu en 2013 par Tu mourras moins bête de Marion Montaigne à l’escarcelle de Delcourt), et moitié pour le reste de l’industrie.
    … une liste d’élus qui tend toujours à privilégier le domaine anglo-saxon (17 titres, moyenne de 15 sur 2013-2016), nettement moins les productions japonaises (7 titres, moyenne de 6,75 sur 2013-2016).
    … une liste d’élus avec ses habitués, Riad Sattouf en tête (troisième nomination pour les trois tomes parus de l’Arabe du Futur, couronné déjà en 2015), mais également Daniel Clowes, Jacques Tardi, ou Winshluss, dont chaque nouvelle sortie se retrouve immanquablement en sélection. (on pourrait rajouter à cette liste Matsumoto Taiyô et Matthieu Bonhomme)
    Vous vouliez des chiffres, vous voilà servis.
Humeur de en décembre 2016

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