Chroniques birmanes de Guy Delisle
En français Publié chez Delcourt (Shampooing)
Chroniqué par Jeanine Floreani en octobre 2007

Dix ans déjà, Guy Delisle s’en allait dans la mégalopole chinoise de Shenzhen pour une durée de trois mois. Parachuté dans un pays dont il ne parlait pas la langue et où personne ne parlait la sienne, l’expatrié s’était lancé dans la rédaction d’un journal de voyage comme on tire la sonnette d’alarme. L’absence de contact humain affûtait son regard, la cité en pleine croissance industrielle reflétait sa détresse, et le dessin muait, au fil des pages, sa mélancolie en franche rigolade. Un livre parfait, d’autant qu’il avait su capter l’instabilité d’un pays en mutation sans tomber dans l’orientalisme.
Aujourd’hui, le temps écoulé depuis sa parution réaffirme l’acuité du regard de l’époque. Pour preuve, certains de ses paysages se révélèrent, pour l’occidental, de parfaites introductions aux obsessions d’apocalypse urbaines du cinéma chinois moderne (dit de sixième génération), et dont Still Life reste la dernière et lumineuse illustration.

Shenzhen était novateur, visionnaire, humain ; pourquoi donc s’acharner à faire de ce joyau une franchise ? Car l’on peut excuser — et encore — l’industrie pour ses mauvaises manières. Mais à l’un des vétérans défenseurs de L’Association, on ne le pardonnera pas, d’autant que la transformation d’un accident en système ne pouvait fatalement qu’affaiblir le propos. L’improvisation de Shenzhen envolée, tout allait devenir mieux pensé, préparé et agencé ; l’intime et la spontanéité marqueraient quelques pas en arrière, le viscéral quitterait les pages. Et effectivement, rien de personnel ne restait à transcender dans Pyongyang.
Néanmoins, l’inattendu et la perspicacité de l’œil y conservaient une place de choix. Les anecdotes s’enchaînaient avec un sentiment de collecte plus artificiel, mais cette manière si personnelle de dénicher, dans le moindre détail du quotidien, un symbole fort du contexte et des tensions locales, continuait d’épater. Le livre restait bon. Désormais, ces qualités se sont, elles aussi, évanouies ; Myanmar, [1] troisième carnet qui se déroule vous devinez où, n’exploite plus que les restes d’une formule qui tourne à vide.

Le pire est que l’auteur en a conscience et cherche, désespérément, l’anecdote, le bon mot, sans jamais le trouver. Il s’accroche au moindre poncif, écluse les banalités en se persuadant de saisir quelque chose de personnel.
Unique vestige d’un talent d’observation évanoui, cet épisode au cours duquel il remarque que les chemises militaires ont des poches cousues à une hauteur qui varie en fonction du grade, afin de laisser l’espace essentiel aux décorations. Appuyé par le dessin, le ridicule d’un vêtement avec une paire de poches disposées au niveau du bas ventre y éclate simplement, tandis qu’il libère peu à peu la charge allégorique de l’omniprésence de l’armée et d’un pays organisé autour.
En dehors de ces deux pages miraculeuses, le reste n’est que banalités dignes d’un JT de treize heures, entrecoupées de tranches de vie d’épanchement familial dont on se demande bien comment on puisse, un instant, concevoir d’en faire un livre.

[1] Devenu, peut-être pour cause de changement d’éditeur, Chroniques birmanes.

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28 RÉACTIONS
#01
C’était mieux avant, oui mais...
Ma chère Jeanine, je pense que vous faites erreur en ce qui concerne le glissement sémantique qui s’est opéré entre Shenzhen, Pyongyang et ces Chroniques birmanes. Tout d’abord, si la même logique avait été appliquée, ce dernier aurait été intitulé Rangoon, et par ailleurs, il me semble que ce changement est au moins autant dû aux subtiles différences dans la démarche de l’auteur par rapport aux deux ouvrages pré-cités (découpage du récit en petites chroniques, justement, et élaboration en partie sur place) qu’à la trouille de l’actuel éditeur de se voir infliger un procès en sorcellerie. Il me semble (j’ose en tous cas l’espérer) qu’il s’agit avant tout d’un choix d’auteur, ce qui nous éloigne, il est vrai, de la rhétorique simpliste qui voudrait à tout prix opposer le gentil “petit” au méchant “gros”. J’ajoute que si ce dernier avait vraiment voulu surfer sans vergogne sur le succès (très relatif, ne l’oublions pas) des deux précédents ouvrages, il aurait tout mis en oeuvre pour conserver la même logique d’intitulé... Par ailleurs, même si, j’en conviens avec vous, Shenzhen, la première pierre de cette trilogie, peut effectivement être considérée comme étant assez différente des deux autres (et comment en serait-il autrement, dans la mesure où il s’agit d’une oeuvre séminale, que l’esthète préférera toujours, tant par goût que par snobisme, avouons-le, aux développements ultérieurs, dénués de la spontanéité et des maladresses touchantes qui en faisaient la valeur ?), je trouve le présent ouvrage de très bonne tenue, et la différence de qualité fondamentale avec Pyongyang ne m’a vraiment pas sauté aux yeux. Je veux bien que l’on critique les errements de l’industrie du livre, notamment dans sa volonté d’épuiser des filons rentables jusqu’à oblitération totale de l’intérêt de départ, mais j’aimerais qu’elle produise plus souvent des ouvrages aussi drôles, intelligents et dignes. Mais il s’agit là, je vous l’accorde, d’une différence de point de vue.
par jbastide le 19 octobre 2007 | Répondre à ce message
>01
C’était mieux avant, oui mais...

Bonjour Julien,

Pour tout dire, la note sur le changement de titre n’est pas de moi. Elle fut apposée par DU9 pour actualiser cette chronique redigée à une époque où le titre "Chroniques Birmanes" n’existait pas encore. Neanmoins, en caricaturant un peu, le sentiment que les poissons pilotes et autres Shampooings sont souvent (pas constamment), comment dire, "l’aspartame de la création", ne m’est pas étranger. Je le confesse. Amitiès.

par Jeanine Floreani le 19 octobre 2007 | Répondre à ce message
>01
C’était mieux avant, oui mais...
question surement stupide : vous avez rédigé cette chronique avant d’ avoir le titre définitif du livre...vous avez eu lu le bouquin avant qu’ il sorte ?
par pedro le 24 octobre 2007 | Répondre à ce message
#02
Chroniques birmanes

Pour information et simplement parce que je viens à l’instant d’écrire mon propre avis sur Chroniques Birmanes, je n’ai pas un avis aussi tranché que vous sur cet album.

Certes, je l’avoue et je l’ai écrit, j’ai été moins marqué par cette lecture que par celle de PyongYang et de Shenzhen. Mais de la même manière, j’avais moins été marqué par Shenzhen que par PyongYang car je les avais lues dans l’ordre inverse de leurs parutions. De ce fait, je crois qu’il y a, en ce qui me concerne en tout cas, un effet de surprise qui s’estompe au fur et à mesure. Et c’est à cela, essentiellement, que j’impute ma moindre émotion à la lecture de Chroniques Birmanes.

Pour le reste, j’ai dévoré cette BD et j’y ai appris un très grand nombre de choses. J’apprécie toujours autant la narration fluide de Guy Delisle. Et même si son humour n’y est pas vraiment hilarant, j’aime la façon dont il le dissémine, voire le cherche, au détour de chaque planche.

Alors certes Chroniques Birmanes est le troisième album sur un style et une thématique presque strictement identique que Guy Delisle nous offre, comme le troisième tome d’une courte série, certes il est du coup évident que la comparaison se fait avec les premiers et que l’effet de surprise ne fonctionne plus, certes d’aucuns peuvent regretter un manque de renouvellement de l’auteur... mais objectivement je n’ai pas su y trouver de reproches flagrants, j’ai été heureux que cet auteur me permettre, à sa manière une fois de plus, de découvrir un nouveau pays, et je suis content de ma lecture et de mon achat.

par Ro le 22 octobre 2007 | Répondre à ce message
>02
Chroniques birmanes

Contrairement à toi, Ro, je ne considère pas l’ennui comme une valeur critique fiable. L’ennui peut provenir d’un manque de l’œuvre tout autant que d’une humeur passagère du lecteur. Je me prends comme exemple. Des fois je m’ennuis en lisant, puis en relisant je me dis : « ah bien non, c’est vachement bien, je ne sais pas ce qui s’est passé la première fois ». Classique.

En revanche, le vide, lui, est quantifiable. Prenons les 30 premières pages : Il ne s’y passe rien. Un bon narrateur aurait condensé ces actions accessoires (choix de la destination, de la maison...) en cinq pages. Le problème, Guy Delisle à désormais une famille, il veut s’épancher. Donc ces cinq pages sont gonflées aux hormones de commentaires inutiles. Comment faire une zone de jeu pour son fils avec des valises, comment les autochtones le trouvent beau le fiston, les bagages énormes nécessaires pour les couches...oh, trop bête, ils en ont plein des couches au Myanmar, si j’avais su...

Ensuite viennent les premières anecdote, disons p.30 à 45 : G. D. prend la photo d’une maison, le propriétaire est mécontent. Ensuite sa nounou a des problèmes d’anglais, ça l’agace. Pire que tout, elle range son bureau alors qu’il n’aime pas ça... Heureusement, sa maison a deux portes, puis mieux vaut mettre des tongs à cause des serpents, j’en passe et des meilleures...enfin, le premier cortège de moines, p.45. Ouf... Bref, j’arrête là. Ca fait 20% du livre.

La suite est parfois meilleure (les voitures, les chemises, l’épisode tragique avec son apprenti dessinateur.). Mais la plupart du temps, c’est trivial et indigeste. Parmi les usures flagrantes : Avant, les anecdotes débouchaient sur quelque chose de plus grand : elles dressaient en creux le portrait d’un pays et d’un contexte après assemblage. Désormais, ces anecdotes ne débouchent plus sur rien, ou plutôt renvoient uniquement à sa vie de famille. Du coup, il se trouve à faire de la description pédagogique dès qu’il veut entrer dans le vif du sujet birman (Alors qu’il arrivait le plus souvent à l’éviter avant) Un bon carnet de voyage dépend du mariage entre voyageur, destination et hasard. Ici, il est clair que Delisle est très préoccupé par sa famille et qu’il ne lui est vraiment pas arrivé grand-chose. La connexion ne s’est pas faite, et tout les liens apparaissent fabriqués, inutiles, désincarnés. Sa seule raison d’être est industrielle, c’est transparent. Dommage.

par Jeanine Floreani le 22 octobre 2007 | Répondre à ce message
>02
Chroniques birmanes
Chère Jeanine Floreani, vous êtes déçue que Delisle n’ait pas dessiné le livre que vous souhaitiez, c’est dommage pour vous. Mais Delisle, avec "Chroniques birmanes", ajoute une nouvelle brique à sa bibliographie et celle-ci me semble plus en lien avec "Aline et les autres" (et sa suite, "Albert et les autres") qu’avec ses précédents récits de voyage. Certes le thème se répète une troisième fois, mais l’intérêt principal cette fois réside dans le travail narratif que Delisle développe ici avec maestria, cherchant comment le langage de la bande dessinée peut s’appliquer à telle où telle situation, la Birmanie n’est peut-être qu’accessoire déclencheur mais qu’importe, en ce sens les 30 premières pages qui vous semblent si inutiles sont une petite merveille de précision et d’humour malin.
par Michel le 22 octobre 2007 | Répondre à ce message
>02
Chroniques birmanes
Bon eh bien c’est clair que je ne l’achèterai pas celui là...
par herwann le 23 octobre 2007 | Répondre à ce message
Chroniques birmanes
Bonjour Michel, J’avoue ne pas voir les liens avec Aline. Peut-être pouvez-vous détailler ? Quant à dire, comme vous le faites, qu’effectivement Delisle se sert d’un an et demi de séjour dans l’une des dictatures les plus répressives du monde pour juste en extraire quelques expériences formelles en bande dessinée, j’avoue ne pas être sûre que vous lui rendiez tellement hommage. La forme, c’est bien, mais avec du fond, c’est souvent mieux, surtout dans ce cas de figure... enfin, là effectivement, ce ne sont que mes attentes...
par Jeanine Floreani le 23 octobre 2007 | Répondre à ce message
#03
Chroniques birmanes
L’ennui est souvent le sujet de Delisle. Pas lu encore ce dernier album, mais Shenzen et Pyongyang m’avaient beaucoup appris, et amusé.
par Régis Trent de Derby le 23 octobre 2007 | Répondre à ce message
>03
Chroniques birmanes

Cet ouvrage est un carnet voyage, et pas une satyre ou une critique exhaustive d’un régime. La parution a un moment critique dans l’actualité est anecdotique car son séjour suivi du temps nécessaire a la création de presque 300 pages n’ont pas du tout été liés à la toute récente extreme médiatisation de la situation dans ce pays.

Carnet de voyage... son voyage, sa vie, ses réactions avec les éléments avec lequels il interragit ou qui l’interpellent.

Enfin, chacun sa lecture.

par PascalT le 27 octobre 2007 | Répondre à ce message
>03
Chroniques birmanes

Bonjour Pascal, je n’ai jamais dit que C.B n’était pas un carnet de voyage. Néanmoins, j’ai du mal à être d’accord avec vous lorsque vous défendez l’idée que Delisle se fiche de s’exprimer sur le régime en place. L’ouvrage fait preuve à de nombreux moments de digressions sur la dictature sans que cela ait de rapport direct avec son voyage. C’est un livre raté, selon moi, mais sincère et animé de louables intentions. Ne lui retirez pas cela en faisant de Delisle un Bourgeois désincarné qui fait des carnets de voyage en Birmanie comme il aurait pu en faire à la Baule les pins.

Je tiens aussi à préciser que je n’ai jamais mis en relation ce livre et les récents évènements. Néanmoins la dictature en place ne date pas d’hier, c’est tout.

par Jeanine Floréani le 27 octobre 2007 | Répondre à ce message
#04
Chroniques birmanes
Bonjour Jeanine, juste une question. Êtes-vous journaliste professionnelle ou bien faites-vous cela par passion ?
par LAURELINE le 8 novembre 2007 | Répondre à ce message
>04
Chroniques birmanes
C’est une question difficile. Je suis une professionnelle en ce sens que je suis intégrée dans le milieu professionnel. En même temps je reste amateure en ce sens que je ne touche pas, ou presque, de rémunération pour ma participation. Maintenant, je t’avoue ne pas désirer de rémunération. Je ne voudrais pour rien au monde gagner ma vie de cette pratique, pour des raisons liées à la liberté d’expression. Si je devais être dépendante de mon avis pour me nourrir, je serai fatalement bien moins corrosive lorsque je sens le devoir de l’être. Pour ma part, je fais de la critique par passion, ou par besoin personnel. Si jamais tu devais toi aussi t’en sentir l’envie, alors n’hésite pas à monter ton blog en vitesse. amitié à la communauté Du9
par Jeanine Floréani le 8 novembre 2007 | Répondre à ce message
>04
Chroniques birmanes
Quoi ? Il y aurait un journalisme sans passion ?
par Harpo le 8 novembre 2007 | Répondre à ce message
#05
Chroniques birmanes
Tout à fait d’accord avec l’article. D’autant que la Birmanie a de quoi inspirer plus de fond que cela. Malgré tout le respect que j’ai pour Guy Delisle, il serait temps de changer de formule. Son dessin met brillament en scène et il y a ici une amélioration de forme. Les observations présentes dans Chroniques Birmanes auraient par contre pu servir pour une oeuvre intéressante de fiction.
par Louis St-Jo le 8 novembre 2007 | Répondre à ce message
>05
Chroniques birmanes

Qui aime bien.....

Fanatique des deux premiers albums, j’avoue mon immense déception quand je me suis jeté sur les Chroniques Birmanes. Delisle se fait presque donneur de leçon, oubliant la fraîcheur de son regard, il multiplie les anecdotes, cherchant en vain le souffle des deux premiers albums. `

Bien sûr, cette BD se lit facilement et est sans aucun doute supérieure à de nombreuses autres sorties récentes, mais quand on nous a habitué à une telle qualité...

Il y a d’abord beaucoup de longueurs et on s’ennuie ferme, au point d’oublier certaines pages juste après les avoir lues. Constat terrible. Peut-être parce que cette fois Delisle n’est pas vraiment actif, plongé qu’il est dans le milieu particulier des ONG. Son récit de perpétuel étonné est désormais pollué par les explications historico-géographiques, des explications qui étaient inutiles dans Pyongyang et Shenzen parce que le récit à proprement dit suffisait.

Et puis, même si le dessin est le même, la qualité d’impresion et de papier, bien moindre chez Delcourt qu’à l’Association, ternit aussi l’album, bien fade par rapport aux autre.

Alors, bien sûr, je suis d’accord avec certains des commentaires plus haut. C’est un carnet de voyage correct qui peut éventuellement nous apprendre deux-trois trucs sur la Birmanie, mais il y manque trop souvent l’observation du quotidien des "vais-gens" qui permettrait une meilleure compréhension de cette dictature. Les schémas et l’admiration envers les membres des ONG ne suffisent malheureusement pas.

Sans doute aussi parce que Delisle, qui est en Birmanie en famille, n’est pas seul et s’est un peu replié sur l’observation de sa cellule familiale au lieu de s’ouvrir sur l’extérieur, comme dans ses deux premiers albums, perdant ainsi son originalité. Dommage...

par attilax le 10 novembre 2007 | Répondre à ce message
>05
Chroniques birmanes
Il y manque l’observation du quotidien des vrais gens, dites-vous ? Pas d’accord ! Moi qui ai vécu quatre ans là-bas (dix ans plus tôt que Delisle), je peux vous assurer que "Chroniques birmanes" regorge de détails justes et reflète avec beaucoup de fidélité le quotidien birman... tel qu’un expatrié peut l’appréhender, bien sûr (mais n’est-ce pas là précisément le propos de Delisle ?). C’est un livre que je recommande vivement. (je ne fais pas la comparaison avec les précédents, ne les connaissant pas).
par Un inconnu le 12 novembre 2007 | Répondre à ce message
>05
Chroniques birmanes

Qu’attendez-vous de Guy Delisle ? Qu’il vous conforte dans vos idées sur tel ou tel pays, tel ou tel régime ? Qu’il vous fasse découvrir un nouveau monde ? Que ses livres soient des brûlots anti-dictature ? Vous vous trompez d’oeuvre et d’auteur.

Guy Delisle, depuis Shenzen, parle d’une expérience un peu particulière qui est celle de l’expatriation (pas toutes les expatriations, mais les siennes, si particulières, dans des pays fermés). Autrement dit, ce qui est passionant chez lui, c’est sa capacité à rendre compte de cette étrange situation où le quotidien est soudain confronté à l’étranger, l’intime à l’altérité. Or de ce point de vue là, il réussit parfaitement son projet : les livres de Delisle parlent de la difficulté de communication (les multiples anecdotes sur le langage), de l’isolement (donc de l’ennui, donc du rien), de l’impossibilité, malgré tout, d’apréhender complétement un nouveau monde, et donc de la nécessité d’éviter toute démarche en surplomb qui proposerait un discours toujours didactique, toujours omniscient, toujours donneur de leçon. La position de Guy Delisle est en retrait, humble d’une certaine manière car elle ne prétend jamais en savoir plus qu’elle ne voit. Cette espèce de réserve prudente vis à vis de son sujet - assez semblable à celle d’un Jean Rolin, par exemple - est plus que salutaire, car elle évite les clichés et se contente de n’être qu’un point de vue - éventuellement éclairant - sur son sujet. "Chroniques birmanes", pour le dire simplement, ne pète pas plus haut que son cul, c’est un livre qui dit une chose simple : un expatrié n’est pas un spécialiste, ni un journaliste, ni un sociologue, ni quoi que ce soit de ce genre.

Je suis content de retrouver ce Guy Delisle dans "Chroniques birmanes", il est simple, futile et profond en même temps. Pyong Yang m’avait un peu inquiété, j’y avais trouvé un narrateur un peu sûr de lui, un peu donneur de leçons sarcastique. Mais "Chroniques" re-situe le point de vue et renvoie à leur propre nombrilisme tous les carnets de voyage des autres dessinateurs, avec leur insupportable bonne conscience, leurs idées préconçues et leurs postures des gens-qui-savent parce qu’ils sont allés 15 jours au Mexique ou en Egypte.

Guy Delisle passe un an en Birmanie et que sait-il de ce pays ? Pas grand chose et il le dit et le raconte. Or ce "pas grand chose" est précieux, parce qu’il nous parle du voyage, du regard sur le monde, et ça, pour le coup, c’est beaucoup.

Qu’attendez-vous de Guy Delisle ? Un article du Monde dipomatique ? Hé bien, achetez le Monde diplo.

par Appollo le 11 février 2008 | Répondre à ce message
>05
Chroniques birmanes

Bonjour M. Appollo Désolé, je ne partage pas du tout votre point de vue. A plusieurs niveaux :

1 : Oui, Guy Delisle endosse bien la posture du modeste que vous semblez adorer. Néanmoins, Nombreux sont les signes qui attestent d’intentions contraires. Par exemple, G.D dit en interviews et conférences qu’il ne ramène pas de carnet de chaque voyage. Il n’en fait que lorsqu’il a quelque chose à dire sur le pays. Donc G.D a quelque chose à dire sur la Birmanie. D’ailleurs, il produit dans Chroniques Birmanes, à maintes reprises, des doubles-pages de description contextuelle qui n’ont rien à voir avec ce qu’il vit. Il les fait bien évidemment pour témoigner de la dictature du pays. Ces doubles pages sont d’ailleurs pour moi la manifestation concrète de son échec. Il n’a rien à extraire de son voyage sur le sujet qu’il se donne à traiter, et se trouve obligé de digresser sur des pages pédagogiques pour parler de choses auxquels il n’est jamais confronté.

2 : Ensuite, pour ma part je déteste la posture moderne de la mollesse d’engagement. Je ne suis rien, je ne vois rien... mais alors pourquoi faire des livres. En effet, Chroniques Birmanes est la parfaite illustration de ce que Deleuze appelait « la médiocrité littéraire moderne ». « Aujourd’hui, les auteurs sont persuadés qu’il suffit d’avoir un joli brin de plume pour faire de la littérature. Mais la littérature, ce n’est pas sa petite affaire personnelle ». Parcourir le monde et les pires régimes politiques de la terre, rester cantonné dans les cercles d’expats, pourquoi pas. Mais en faire un livre qui ne dit rien en se cachant derrière sa petite affaire personnelle est une geste artistique qui me donne envie de prendre la plume pour protester. C’est un engagement critique que vous n’appréciez peut-être pas, mais comme tout engagement, il est motivé par un point de vue politique. Quant à Jean Rolin, je n’en ai pas lu beaucoup mais il me semble qu’il ne prend pas les pires dictatures du monde comme décorum, bien au contraire, et travaille de livres en livres en s’engageant intimement dans son sujet. (En cela, il est peut-être un peu proche du Delisle de Shenzen, mais beaucoup plus encore de Jean Teulé....)

3 : Car, Guy Delisle est parti plus d’un an. Et oui, en un an on en sait plus qu’en quinze jours. Et à ce propos, il faut quand même dire quelque chose qui n’a pas du tout été dit : contrairement à ce que vous semblez dire, Chroniques Birmanes annonce beaucoup de choses sur l’état de la Birmanie, et notamment un sacré paquet de choses fausses. Il flatte les clichés qui circulent dans les milieux d’expats occidentaux pour les rassurer sur leur impuissance. Il participe à la campagne de désinformation, comme lorsqu’il annonce que le général Khin Nyut fut destitué par la junte parce qu’il s’était rapproché de Aung San Suu Kyi. C’est une information connue pour être servie aux occidentaux, flattant l’espoir mensonger qu’un jour, la dictature s’assainira de l’intérieur. Youpi, un jour tout se réparera tout seul,vous n’avez pas à vous engagez. Or, ce n’est pas vrai. Ce général a été écarté du pouvoir à cause de malversation fiscale, une sordide affaire de détournement de fond qui n’a rien avoir avec la morale. Même une recherche google un peu approfondie permet d’en savoir plus que lui sur les drames qui se trament en Birmanie. Mais qui va le faire ? Quant a ce qu’il annonce sur la présence de Total, mon dieu, quel tissu de désinformation et de propagande. Et que l’on ne me fasse pas croire que lorsque Guy Delisle, sur place, témoigne de quelque chose, les lecteurs doutent et vérifient avant de croire. C’est faux. Lorsque le voyageur témoigne dans un livre, le lecteur pense naturellement qu’il s’agit de la vérité.

A Angoulême, il y eu un débat sur la Birmanie auquel je voulais à tous prix assister. C’était très enrichissant, et m’a permis de me conforter dans ma position. Pris à parti par Frédéric Debomy, l’auteur de Birmanie chez Carabas, sur sa capacité à brandir nombre de fausses informations sur le régime en toute impunité en se retranchant derrière la modestie, G.D. n’a pas répondu d’autre que, je suis un occidental qui ne peut rien savoir. Ceux qui croient que je témoigne de choses vraies ont tord, je ne parle que pour moi, ej fais de petits livres sans importance. Et une salle de fans, venus l’écouter plein d’entrain, de repartir consternés, comme moi. Un joli brin de plume, c’est bien, et je reconnais que G.D a un sacré brin de plume. Mais cet éloge de l’ignorance faite sur le sol de la torture, même faite en toute modestie, moi je ne cautionne pas

par Jeanine Floreani le 11 février 2008 | Répondre à ce message
>05
Chroniques birmanes

Chère Jeanine, vous me faites dire des choses que je n’ai pas dites, je reviens sur vos trois points :

1. la position d’humilité – plutôt que de modestie – qui est celle du Guy Delisle-voyageur ne signifie évidemment pas une cécité vis-à-vis du monde qu’il découvre. C’est donc tout naturellement qu’il éclaire – autant que faire se peut – le contexte du voyage. C’est le sens des petits passages explicatifs que vous relevez. Il s’agit bien d’honnêteté puisque Delisle n’essaie ni de faire croire qu’il sait tout (dans une sorte de super point de vue omniscient mensonger) ni qu’il ne sait rien (il a effectivement passé 1 année dans un pays dictatorial). La question de l’honnêteté rejoint donc celle de la mesure ou, si vous préférez, de la bonne distance : « Chroniques birmanes » est donc à la fois une « chronique » faminiale et individuelle et « birmane » parce qu’elle rend compte – par touches plutôt que par discours – de la réalité du pays.

2. Jean Rolin voyage aussi bien en Palestine, au Zaïre que sur le périphérique parisien ou sur les chantiers navals. Or à chaque fois, il propose un regard qui est un regard de détail : ce qu’il voit, ce qu’il rencontre, ce qu’il entend. Ca ne signifie pas qu’il soit le simplet du village et qu’il ignore tout des contextes (Rolin est quand même grand reporter, ça aide), mais qu’il adopte délibérément une attitude éthique, c’est-à-dire qu’il se méfie du discours (et ici du discours a-priori, fabriqué) qui prendrait le pas sur le récit. Il me semble que Guy Delisle agit ainsi : son livre est d’abord un récit, et si ce récit produit un discours (forcément), ce n’est qu’après-coup. Je trouve de ce point de vue un peu injuste l’accusation de mollesse : Delisle dénonce clairement, et sans ambages, le régime birman. Simplement, il n’est pas que dans cette posture de la dénonciation, puisqu’il est aussi dans le récit, dans la chronique. Je trouve même que le discours est d’autant plus efficace qu’il fonctionne avec la chronique. Ce positionnement – a priori en retrait – est en contradiction totale avec ce que la société médiatique française nous sort tous les jours : pour dénoncer efficacement le régime birman, pitié, évitons les Srebrenica, les BHL ou les arches de Zoé. Le travail de Delisle évite les grands discours incantatoires, et c’est tant mieux.

3. Il est possible qu’il y ait des erreurs factuelles dans ce que dit Guy Delisle de la situation birmane. Je n’en sais rien, mais je suis d’accord pour dire que si c’est le cas, c’est – au moins – embêtant. Mais cette critique ne porte pas sur l’objet artistique. Ni d’ailleurs sur l’axe envisagé par Delisle : l’histoire de la littérature française, en particulier au XXeme siècle, est remplie de conneries d’écrivains sur l’analyse politique et/ou historique ; ce n’est donc pas le choix du prisme de la chronique intimiste qui est à mettre en cause.

Une dernière chose : il n’y a pas de confort intellectuel dans la démarche de Guy. C’est évidemment plus casse-gueule de faire une œuvre comme la sienne (avec des enjeux d’actualité) que de raconter sa vie de bobo parisien ou de provincial esseulé. Je trouve donc les accusations d’ « embourgeoisement » que font certains mal venues. Guy Delisle prend le risque du débat, voire de la polémique (comme c’est le cas ici) avec ses livres. Je ne suis pas sûr que David B, Lolmède ou Dupuy et Berbérian, quelles que soient leurs qualités, aient pris les mêmes.

par Appollo le 11 février 2008 | Répondre à ce message
>05
Chroniques birmanes

Pardon alors, j’avais mal compris. Je pensais effectivement que vous avanciez que G.D. ne souhaitait pas s’exprimer sur le régime en place. ET effectivement, je n’ai pas lu beaucoup Jean Rollin, seulement ces livres les plus célèbres, qui se passent en France. Quand à la position de l’auteur, je ne la remets pas du tout en cause. Sinon, je ne pourrais adorer Shenzen, aimer Pyongyang, qui sont, dans une large mesure, du même tonneau. C’est la pauvreté de l’expérience d’un coté, et la volonté de cultiver une veine qu’il a désormais du mal à investir, selon moi, de richesse intime ou factuelle, qui me désole.

Pour les erreurs de fond, effectivement, elles sont nombreuses. Ma chronique n’en parle pas volontairement. Je pense même que je n’aurais pas dû en parler dans les commentaires. Notamment celui d’hier soir, que je trouve très agressif, et regrette. J’ai bien du mal à me positionner sur la valeur de C.B, qui parfois prend l’apparence d’un témoignage qui s’affirme documenté. Est-il un reportage, même un petit peu. J’ai quand même le sentiment que oui, ce qui est vraiment très très contre productif dans ce dernier cas.

En revanche, pour l’embourgeoisement, je ne vous suis pas. Pour moi, le courage n’est ou n’est pas artistique. Il y en a beaucoup par exemple, dans le journal d’un album de Dupuy et Berberian, autant que dans Shenzen et autant que dans Terminal Frigo. Tous, dans ces livres, vont au contact du monde, s’y ébrèchent, pour porter secours à quelque chose de précieux. Dans le cas Dupuy/Berberian, l’un commence la confession pour secourir l’autre, qui sombre. C’est orphique. Le courage artistique n’est pas incompatible avec l’embourgeoisement social. Par contre l’embourgeoisement artistique peut naître chez le plus démuni des auteurs.

par Jeanine Floréani le 12 février 2008 | Répondre à ce message
>05
Chroniques birmanes
J’ai dit une connerie sur le "risque", c’est vrai. Il y a autant de risques dans le Journal d’un album que dans CB (en plus, j’ai tellement mal présenté la chose qu’on a pu croire que je n’aimais pas ce livre ! Un comble). Pour le reste, je ne crois pas que CB soit une oeuvre embourgeoisée comme certains ont pu l’écrire. En revanche, je veux bien qu’on dise qu’il s’agit d’une oeuvre plus apaisée, et c’est peut-être ce qui choque (à tort de mon point de vue).
par Appollo le 12 février 2008 | Répondre à ce message
Chroniques birmanes

Je suis assez d’accord avec Attilax. Au contraire des 2 précédents albums, où pourtant il séjournait seul, cette histoire m’a donné l’impression d’être trop nombriliste (embourgeoisée ?). Les anecdotes sur le pays restent trop rares.

La Birmanie n’est pas la Corée du Nord, les possibilités de s’échapper et d’échanger avec la population sont nettement plus nombreuses. Il me semble qu’il y aurait eu bien plus à raconter ce pays en sortant du quartier des expatriés et de ses supérettes. Malheureusement, l’auteur raconte avant tout une "chronique d’expatriation" un peu renfermée, et au bout du compte elle m’a peu touché.

Enfin, la mission de MSF en toile de fond souffre évidemment de la comparaison avec celle qui est relatée dans "le photographe", que je viens de finir.

par NicoV le 30 décembre 2007 | Répondre à ce message
#06
Chroniques birmanes

Pourquoi passer autant de temps à démolir des livres ? D’où vous vient ce goût ? Enfin, Jeanine, vous n’avez pas envie de faire, plutôt que de défaire ? On n’a qu’une vie. Croyez-vous vraiment que le 9ème art se portera mieux quand vous y aurez déversé tout votre fiel ? Et vous-même ? Que ces livres vous aient déçus, soit. Mais pourquoi vouloir le crier à la face de la terre ? Construisez quelque chose avec votre rage. Et ne comptez pas sur moi pour le démolir.

NB - En ce qui me concerne, je suis en train de lire "Chroniques birmanes" et il est excellent comme les précédent.

par Machin-truc le 12 décembre 2007 | Répondre à ce message
>06
Chroniques birmanes

Mon Dieu, au moins des choses sont dites clairement dans cet article. Une esthétique peut se construire en creux. Attendre beaucoup d’un ouvrage ou d’un auteur témoigne d’un grand respect.

Allons plus loin que « j’aime » ou « je n’aime pas » sous couvert d’anonymat, qui sont les pires des critiques et qui ne font rien avancer. Si un jour je me trompe ou m’enferme dans un système, qu’on me le dise haut et fort, et avec des arguments !

par AMBRE / Laurent SAUTET le 13 décembre 2007 | Répondre à ce message
>06
Chroniques birmanes

J’avais indiqué ci-dessus que je ne l’achèterai pas mais on me l’a offert et du coup j’ai également récupéré Shenzhen, des différences certes entre les deux approches, les deux moments de vies mais au final je trouve cela pas mal du tout... une chronique qui permet que l’on s’intéresse un peu au Myanmar que j’avais sorti de mon esprit ce qui est bien dommage

http://www.blogculturel.com/article-15132190.html

Bonne lecture

par herwann le 31 décembre 2007 | Répondre à ce message
#07
Chroniques birmanes
Je trouve cette critique un peu injuste, et peut être une incompréhension du travail de Delisle. Je ne suis jamais allé encore en Birmanie, même si c’est prévu, donc je ne peux pas trop juger sur le fond. Delisle nous fait part dans ses chroniques de ce qu’il a vécu et vu lors de son séjour, et n’a pas cherché à extrapoler, à critiquer la junte sur des choses qu’il aurait entendu mais pas vu de ses propres yeux. Je remarque aussi que si certains semblent regretter une observation du quotidien, ceux qui sont allé réellement en Birmanie pensent plutôt le contraire. C’est notamment le cas de ma compagne, birmane, qui vit en France depuis les années 2000 et y revient régulièrement. Une fois commencé, elle n’a plus laché le livre avant la fin. Elle l’a beaucoup aimé. Une des réussite du livre est de montrer justement que , si la Birmanie est une dictature, elle ne se résume pas à ça. Pour répondre à Nicov, je dirais qu’effectivement la Birmanie n’est pas la corée du Nord, mais c’est une dictature, très répressive, et les gens ont peur. Même les birmans vivant à l’étranger se méfient...
par xarmux le 11 février 2008 | Répondre à ce message
>07
Chroniques birmanes

Vous soulevez un point qui m’intéresse, et m’avait interpellé. L’opposition Birmanie/Corée du nord. Deux dictatures, aux fonctionnements répressifs très différents. De nombreux témoignages l’attestent, la birmanie est une dictature militaire un peu construite sur le modèle du franquisme, avec des militaires omniprésents mais cachés. Le monde esterieur peut y penetrer facilement, c’est une terre de tourisme ouverte et florissante, donc la menace est invisible.Il faut que cela soit difficile, voire impossible, pour un corps étranger de percevoir la tension sous jacente, ou en tous cas d’en mesurer l’ampleur.

En Corée du nord, il est très difficile d’entrer, mais une fois passé les murs, beaucoup de choses apparaissent.

Dommage, selon moi, que cette mise en parallèles, constitutive de l’œuvre, ne soit pas plus apparente et conscientisée par l’auteur lui même. Je trouve que cet axe aurait pu extraire C.B du cul de sac factuel auquel il était par avance condamné, vu la nature peu aventureuse du voyageur, et la chape de plomb que le pays imposait.

par Jeanine Floréani le 12 février 2008 | Répondre à ce message
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BRÈVES
Harvey 2008
20 juin 2008
Les Harvey Awards sont de retour. C’est de saison, et alors que les résultats des Eisners sont attendus pour fin Juillet (pour la San Diego Comic-Con), et que les Ignatz débarqueront en Octobre (durant la SPX), la liste des nominés pour le cru 2008 des Harveys vient de tomber. Comme toujours, on trouvera pas moins de 21 catégories allant des très détaillées (le « best graphic album, previously published » côtoyant le « best domestic reprint project », attention ça n’a rien à voir) aux fourre-tout (comme cette « best biographical, historical or journalistic presentation », on ne va pas chipoter). Les lauréats seront annoncés le 27 Septembre prochain, durant la Baltimore Comic-Con. On en frémit d’impatience...
Quatorze à la douzaine
10 juin 2008
Le Samedi 14 Juin prochain, quatorze auteurs belges seront à la librairie La Bulle d’Or (124 boulevard Anspach, B-1000 Bruxelles) pour une rencontre et des dédicaces, à l’occasion de la parution chez l’employé du Moi de CRRISP !, un collectif d’histoires d’horreur issues du projet GrandPapier.org, et du Little White Jack de Max de Radiguès. Des planches originales des deux ouvrages seront également exposées du 14 au 30 Juin 2008. Liste complète des auteurs invités sur Xeroxed.be.
Chaos Debout
2 juin 2008
Dans le cadre du festival Stripdagen de Haarlem qui se tiendra les 7 et 8 Juin prochains, l’exposition massive Alternative Chaos présente 91 auteurs issus de la Belgique francophone — défricheurs, découvreurs, explorateurs de la bande dessinée contemporaine. D’Ando à Vandermeulen en passant par Fortemps, Goblet, Löwenthal, Pinelli ou encore Van Hasselt, tout ce beau monde se retrouvera à la Galerie 37 (Groot Heiligland 37, 2011 EP Haarlem) du 6 au 22 Juin 2008, avec vernissage le 5 Juin. Pour plus d’information, consulter la programmation complète.
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