Le Playboy

de

Après avoir adoré I never liked you, il me semblait naturel de compléter la trilogie Brownienne avec ce dernier opus, en fait le second dans la chronologie. Dont acte.

The Playboy. Encore une fois, Chester Brown choisit un titre que l’on peut interpréter de deux manières : simple mention de l’élément central de l’histoire, ou remarque ironique renvoyée à lui-même. Remarque amère et acerbe, qui donne le ton général de ce livre, auto-critique et sans concession.

On va ainsi suivre le jeune Chester aux prises avec les démons de ses désirs naissants, et les multiples petits drames qui vont l’entourer. Représenté sous la forme d’un petit diable, Chester Brown adulte va nous commenter d’un ton narquois ces souvenirs d’adolescence.

Malheureusement, Chester Brown laisse dans la plupart du récit cette distance, critiquant sans complaisance celui qu’il fut. A deux occasions seulement nous révèle-t’il comment il assume (ou non) ce passé aujourd’hui. Sujet trop personnel peut-être … comme le montre la scène finale avec sa copine, superbe de sensibilité.

En fait, on peut voir The Playboy comme le miroir de I never liked you. D’un côté, un récit qui tourne autour d’un seul personage, une longue confession de Chester Brown qui explique et commente sa découverte de sa sexualité en tant que telle, détachée de toute sentimentalité. De l’autre côté, un livre extrêmement silencieux, laissant la place à de nombreux personnages, et qui nous présente des premiers pas amoureux presque essentiellement platoniques.

Deux visions d’une même période, deux facettes d’un même être. Et dans les deux cas, on retrouve ce regard acerbe sur lui-même, cette peinture douce-amère d’un Chester Brown attachant et terriblement humain.

Moins fascinant que I never liked you du fait de sa narration plus commune, The Playboy est néanmoins un très bon livre sur un sujet rarement traité … et une bonne occasion de découvrir le travail de Chester Brown.

Chroniqué par en mars 1998

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