Piero

de

Joie dans les chaumières, un nouveau Baudoin arrive. Et là où on rêvait de découvrir un petit frère à Matt (chez le même éditeur), on se délecte d’un nouveau récit autobiographique parfaitement maîtrisé.
Cette fois-ci Baudoin nous raconte plus précisément son enfance en compagnie de son frère (Piero) qui est aussi son meilleur ami, son confident et son compagnon de dessin (passion qu’ils ont en commun).
Les thèmes explorés sont des classiques pour Baudoin : les souvenirs, les rêves, l’art du dessin, la famille mais comme il maîtrise parfaitement son trait et sa narration (les allez-retour entre rêves et réalités sont époustouflants), il fait mouche encore une fois.
Nous touchant là où nous croyions avoir été ému comme jamais par David B. dans son Ascension du Haut mal (avec lequel ce récit partage bon nombre de similitudes). Que dire de plus ? Ce n’est pas encore aujourd’hui que Baudoin nous pondra un album moyen tant son art du conte et son plaisir évident à raconter sont sensibles, et tant ses interrogations existentielles et artistiques sont passionnantes.
Momon, surtout ne t’arrêtes pas !

[Yvan|signature]

« Il y en a qui savent dessiner, dans ta classe ?
– Non »
C’était une révélation.

Le nouveau Baudoin, paru au Seuil, ne ressemble pas vraiment au précédent, Mat. Par contre, on peut y trouver de nombreuses ressemblances avec sa période autobiographique chez Futuro (Passe le temps, Couma Aco). Pas besoin de se poser longtemps la question du pourquoi. C’est l’enfance.

Baudoin revient donc une fois de plus sur sa tendre jeunesse avec Piero. Vous souvenez-vous de ces deux gamins, dans Couma Aco ? L’un était Edmond, « Momon », l’auteur, et l’autre, c’était Piero, son frère. On les retrouve donc ici tous les deux, liés par une complicité hors du commun autour du dessin. Car c’est aussi du dessin qu’il s’agit. On finit même par se demander si Baudoin a voulu d’abord parler de son frère ou de ses premiers dessins. Qu’importe ! On se rend assez vite compte qu’il ne pouvait les dissocier.
Momon et Piero, donc, se mettent à dessiner très tôt. Ils n’iront pas à la maternelle, à cause de la maladie de Piero. Et le choc n’en sera que plus rude : tous les enfants ne dessinent pas comme eux. De cette découverte va naître deux vrais talents. Un seul en fera son métier, et ce n’est pas toujours celui qu’on croit ! ! !
Piero est donc un retour sur son passé plein de tendresse et de poésie que nous offre une fois de plus Baudoin. À ne rater sous aucun prétexte !

[Erwan|signature]

Site officiel de Le Seuil
Chroniqué par en juillet 1997