MOME (#1)
Mome est le nouveau rendez-vous trimestriel de la famille indé nord-américaine maternellement amenée à se réunir par l’un des pères fondateurs de Fantagrahics : Gary Groth lui-même.
Lieu de toutes les possibilités d’impression (noir et blanc, poly et monochromie), cette revue réunit des histoires courtes, à suivre et des dessins de presse (Martin Cendreda pour ce numéro) derrière une maquette qui a l’efficacité graphique de la sobriété.[1]
Mome, loin d’être lourde et stupide,[2]) a l’ambition d’être une revue littéraire de bande dessinée et de montrer les «work in progress»[3] d’un noyau dur d’auteurs représentant les talents les plus prometteurs des toutes dernières générations.
Parmi la douzaine de noms on retiendra le touchant «I feel nothing» de Gabriel Bell, l’étrange «221 Sycamore Ave.» de John Pham, le surréel «Overpeck» de David Heatley, l’«Eddy Bear» de Sophie Crumb retranscrivant le témoignage d’une jeune ukrainienne arrivée enfant aux Etats-Unis et le «The beast» de Anders Nilsen qui derrière un humour basé sur l’absurde pose la question du support en bande dessinée. [4]
Maître des entretiens définitifs et révélateurs, Gary Groth ne pouvait s’empêcher de céder à une de ses plus grandes qualités, et ce prime numéro de Mome s’enrichit d’une interview instructive avec Paul Horsnschemeier.
Quelques neurones clignotent, oui cet auteur au nom semblant imprononçable est bien celui de Mother Come Home qui a été traduit chez Actes Sud début 2005. Rapidement comparé à Chris Ware, l’auteur rectifie le tire dans cet entretien en y affirmant un net penchant pour l’œuvre de Daniel Clowes et une découverte tardive de l’auteur de Jimmy Corrigan.
La première partie de «Life with Mr. Dangerous» (prévue en 6 livraisons) confirme l’évidence de cette filiation et ce qui n’est pas des moindres le talent pointu de son auteur.
Ambitieuse, voulant suivre distinctement les voies tracées par Raw, Weirdo, etc. Mome veut jouer le rôle périodique qui fait le succès de certaines anthologies et en particulier celui récent de la McSweeney’s. Elle veut rendre accessible des auteurs dont les talents hantent la «small press», parfois depuis un certain temps, mais qui malgré les facilités de l’Internet n’en sont pas pour autant plus accessibles. Au total Mome s’annonce comme une aventure inspirée et prometteuse.
Notes
- L’auteur en est Jordan Crane.
- «Mome» serait un mot ancien synonyme de : «blockhead», «fool». (Dossier de presse
- Expression de James Joyce d’autant plus pertinente ici qu’elle lui servit à pré-publier son Finnegans Wake dans la revue littéraire franco-américaine Transition.
- Pourquoi toujours dessiner sur une feuille blanche et pas sur une photo ou une carte postale ? Hein ? Hein ? Anders Nilsen ne se pose plus la question, mais le fait.
l’autre bande dessinée
Infinity 8
Groom n°1
Drawn and Quarterly : Twenty-Five Years
Paroles d’illettrisme
Mon Lapin n°8
Nobrow 9
Métakatz
Nobrow n°8
Franquin et les fanzines
Rock Strips

Super contenu ! Continuez votre bon travail!