B.N. et les sept petits adultes
A priori, l’idée de faire travailler ensemble sept dessinateurs différents sur sept histoires écrites par le même scénariste est plutôt intéressante. Renforcer la cohérence du tout en faisant traverser chaque histoire par le même personnage féminin, B. N., et par la même obligation de parler de sucre à un moment ou un autre, c’est une contrainte amusante. Le résultat, ce recueil de quarante pages à la couverture très laide, est mitigé.
D’un côté, sept histoires marrantes, tendres, farfelues, acides. Jean-Luc Cornette écrit bien, ses récits sont rythmés et équilibrés, ses dialogues impeccables (« Je suis étonné de la pertinence de ton analyse. Tu as l’air d’en connaître un bout sur les connards »). Mais les dessinateurs ne suivent pas toujours.
Bruno Wesel fait du sous-Bob Fingerman, Jan-Luc Englebert du sous-Peyraud, Florence Sterpin du sous-Delisle. Pour équilibrer, Bourguignon fait du Bourguignon et André Taymans fait de la daube. Restent Christian Durieux, anecdotique, et Cornette lui-même, qui a au moins l’avantage d’illustrer son propre scénario.
Au total, le dessin n’est pas franchement mauvais : on l’oublie, simplement, en profitant des histoires. Mais on a du mal à ne pas se dire, à la fin du livre, que ces dernières auraient mérité mieux.
Une chose pourtant mérite peut-être d’être signalée : les personnages féminins de ce recueil sont vrais, dans l’écriture comme dans le dessin. Ni caricaturaux, ni stéréotypés (ni Druuna, ni Marie-Claire). Les filles, et c’est un des bons côtés de B.N. et les sept petits adultes, sont donc des gens normaux, qui peuvent vivre des histoires sans qu’il s’agisse forcément d’« histoires de filles ». Ouf.
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